10 thèmes pour réfléchir à la circulation de l’info en temps de contestation sociale

Cet article met en évidence 10 thématiques-clés pour comprendre les dynamiques informationnelles autour du mouvement des Gilets jaunes.

Sur les Champs-Elysées, le 8 décembre 2018. Lucas Barioulet / AFP

La complexité du sujet mériterait que chacun de ces thèmes fasse l’objet d’une analyse rigoureuse.

De la méfiance à la défiance à l’égard de la presse traditionnelle

Le dernier baromètre de confiance des Français à l’égard des médias (Kantar – La Croix, 2019) le confirme : la confiance atteint son niveau le plus bas depuis l’existence du baromètre. Les journalistes sont entre autres suspectés de ne pas être indépendants des pressions politiques et financières.

La crédibilité des médias (La Croix, 2019)

Lire aussi : Perte de confiance dans les médias – Commentaires du baromètre Kantar-La Croix 2019

Néanmoins, cette méfiance ne se traduit pas toujours dans des pratiques informationnelles rationnelles. Aussi, la défiance envers la presse en tant qu’institution s’accompagne parfois d’animosité voire de violences envers des journalistes.

> Lire aussi : « Gilet jaunes » : d’où vient la défiance envers les médias ? (Le Monde, 2019)Les « gilets jaunes » révèlent aussi une crise majeure de l’information (Slate, 2018)Il y a dans ce pays une fracture médiatique (Libération, 2019)Gilets jaunes : une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV (Acrimed, 2019)Gilets jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique (Acrimed, 2019).

Accointances et groupes médiatiques

L’un des principaux reproches adressés aux médias traditionnels est que ceux-ci ne sont pas neutres, mais au contraire au service du pouvoir dominant. Les groupes de presse Français sont en effet majoritairement détenus par de riches actionnaires (Dassault, Bolloré, Niel, Lagardère…) qui ne cachent pas parfois leur soutien au pouvoir en place.

« Médias français : qui possède quoi ? », par Jérémie Fabre et Marie Beyer, mardi 18 décembre 2018 (Acrimed, 2018)

Lire aussi : Financement et indépendance de la presse : la fiabilité et le pluralisme sont-ils menacés ?

Ceci néglige le libre-arbitre plus ou moins grand des professionnels humains qui produisent l’information. En même temps, les conditions ne sont en effet pas toujours optimales pour que cette liberté puisse s’exprimer.

> Lire aussi : Gilets jaunes : BFMTV défend la doctrine du maintien de l’ordre (médiatique) (Télérama, 2019).

> Lire aussi : Actualité des médias : médiatisation des gilets jaunes, remous en interne à BFM-TV, manœuvres au sein du groupe Le Monde… (Acrimed, 2019).

Traitement des violences policières

En lien avec le manque d’indépendance reproché aux journalistes, il leur a été reproché de mal couvrir les violences policières en les occultant, en les traitant de manière superficielle ou encore en les mettant sur le même pied que des violences commises par des Gilets jaunes.

Les médias et les « gilets jaunes » (La Croix, 2019)

> Lire aussi : Aux JT, les violences policières n’existent pas (Arrêt sur images, 2019), Violences policières : « On est dans le mensonge d’Etat » (Le Monde, 2019).

Si les tirs de flashballs au visage et autres bavures font désormais aussi les gros titres des médias (exemples parmi d’autres : Violences policières : les armes du déni (Libération, 2019), Gilets jaunes : le décompte des blessés graves (Libération, 2019), Gilets jaunes : on a soumis 8 vidéos (et photos) de violences policières présumées à deux avocats (France Inter, 2019) et même BFM TV), certains journalistes admettent toutefois que la presse a peut-être tardé à mettre l’emphase sur ces débordements.

Complotisme de masse

Dans l’Histoire, il y a bel et bien eu des complots, c’est-à-dire des moments où un petit groupe d’individus ont manipulé l’opinion publique pour des objectifs cachés. Il est possible qu’il y ait actuellement des complots, ou du moins des manipulations par le pouvoir en place. Toutefois, le complotisme consiste à n’interpréter les informations qu’en fonction de la thèse que le complot est avéré. Le raisonnement n’est pas valide, même s’il aboutit à des conclusions qui peuvent être vraies.

> Lire aussi : Pourquoi le mouvement des « gilets jaunes » est complotiste (Bon pour la tête, 2018), « Gilets jaunes » : sur les ronds-points, la chasse à l’info et la tentation du complot (Le Monde, 2018), Les « gilets jaunes » au risque du complotisme (The Conversation, 2019).

Cette posture est fortement liée à la défiance envers le pouvoir en place. Si cette défiance est en partie légitime, elle peut aussi se traduire par des raisonnements invalides.

Il ne faut pas confondre « complot » et « complotisme ». En effet, l’accusation de « complotisme » est souvent utilisée (parmi d’autres) pour discréditer les contestataires. Or, ce n’est pas parce qu’un mouvement contestataire manifeste de la défiance – voire utilise des raisonnements fallacieux – que cette défiance n’est pas légitime, voire qu’il n’existe pas effectivement de manipulations exercées pour servir les intérêts de petits groupes d’individus, et ce de manière plus ou moins cachée.

> Lire aussi : Esprit critique et complotisme : définitions et précautions d’usage (Université de Paix, 2017), Analyse de l’argumentation complotiste – La rhétorique et les biais complotistes (Université de Paix, 2017).

> Voir aussi : Gilets jaunes : « c’est facile de discréditer un mouvement en l’accusant de fascisme ! » (Arrêt sur images, 2019).

> Voir aussi : Fake News : quels enjeux pour les professionnels de l’information-documentation ? (2019)

Pluralité des voix contestataires

Une difficulté liée au mouvement des Gilets jaunes est que celui-ci est par essence pluriel, bien qu’il affiche une homogénéité identitaire assez forte. Il n’est donc pas évident d’en présenter un message univoque. Ce message se construit au fur et à mesure, de manière participative, en fonction d’une diversité de revendications.

Cependant, certaines figures influentes ou des groupes Facebook étiquetés Gilets jaunes affichent des messages populistes, complotistes, voire parfois teintés de racisme ou autre… Ces canaux de communication sont noyautés par des mouvements contestataires « classiques » comme le Rassemblement National (ex-FN), la Manif pour tous (conservateurs anti-IVG, anti mariage pour tous…) et autres qui utilisent généralement très bien les réseaux sociaux pour donner une grande visibilité à leurs opinions, fussent-elles minoritaires. Cela biaise les consultations, pétitions et sondages en ligne.

> Lire aussi : Plongée dans les comptes Facebook des « gilets jaunes » (L’Obs, 2019), Les « gilets jaunes », nouveau terrain d’influence de la nébuleuse complotiste et antisémite (Le Monde, 2019), Un milicien du Donbass au service d’ordre des gilets jaunes (Huffington Post, 2019), Débat : La foule n’est pas le peuple (The Conversation, 2018), Qu’est-ce qu’un mouvement social populiste ? Comprendre les « gilets jaunes » (The Conversation, 2018).

> Voir aussi : Gilets jaunes : « c’est facile de discréditer un mouvement en l’accusant de fascisme ! » (Arrêt sur images, 2019).

Nouveaux formats et nouvelles relations au public

Au contraire de ces médias « traditionnels », certains médias ou journalistes recueillent plutôt les faveurs des Gilets jaunes.

C’est le cas par exemple de Brut ou encore de David Dufresne, qui répertorie sur Twitter les violences policières depuis le début de la contestation. Ces acteurs ont notamment la particularité d’être proches du terrain.

Ces médias apparaissent d’autant plus comme des alternatives qu’ils ne se perdent pas dans des « analyses » creuses déconnectées de la réalité. Au lieu de prétendre à une neutralité qui finalement apparait comme un maintien de l’ordre établi, ils s’ancrent dans le vécu de l’expérience concrète.

> Lire aussi : Vincent Glad : « Le rôle de la presse, ce n’est pas seulement d’informer, c’est aussi parfois de s’indigner » (Le Vent Se Lève, 2019).

Comme le dit encore Vincent Glad :

« Après avoir perdu le monopole de la publication écrite (l’invention des blogs), les journalistes ont perdu le monopole de la publication vidéo, et maintenant du direct. Le contenu vidéo amateur devient tellement massif qu’on ne peut plus faire comme si ça n’existait pas ».

> Lire aussi : Le défi posé aux médias par les « gilets jaunes » est aussi linguistique (Slate, 2018).

Cela pose aussi la question de savoir si un média peut et doit rester « neutre » en temps de luttes sociales. Ainsi, Frédéric Lordon appelle les journalistes à rejoindre la contestation :

« Si cependant les reporters de BFM avaient deux sous d’analyse, ils donneraient à leur débrayage un tout autre sens que celui d’un « boycott de la couverture des “gilets jaunes” » : le sens d’une grève, c’est-à-dire d’un avertissement à leur direction, responsable réelle de la situation impossible où ils se trouvent. Du reste, exactement de la même manière que les CRS devraient poser le casque en un geste de défiance enfin bien adressé : à l’endroit du gouvernement, qui répand une colère écumante et laisse ses prolos du maintien de l’ordre aller en accuser réception à sa place ».

Lire aussi : Analyse des médias : les chaines d’info en continu

Ils relaient l’information en direct, côté population. Brut a notamment consacré des live Facebook à des actions sociales où il a vraiment donné la parole à des manifestants.

> Lire aussi : Frédéric Lordon, Les forcenés (Monde diplomatique, 2019).

REPLAY – #GiletsJaunes – Des gilets jaunes tentent de rejoindre l’Elysée.Les dernières infos avec Rémy Buisine sur place.

Publiée par Brut sur Samedi 17 novembre 2018

Des médias « alternatifs » orientés

Il y a une place à prendre pour être au plus près des citoyens et de leurs préoccupations pour regagner une confiance écornée. Dans ce contexte de méfiance envers les institutions traditionnelles, pas mal de médias « alternatifs » sont utilisés pour s’informer. Russia Today, média russe francophone accusé d’ingérence politique et de propagande, est ainsi vu comme une alternative crédible à la presse traditionnelle. Cet exemple est loin d’être le plus inquiétant : des sites et pages dits de « réinformation » (souvent d’extrême droite, comme FdeSouche, Dreuz.info…) accueillent chaque jour une large audience. Or, pour ces sites, la fiabilité d’une info est clairement un critère secondaire pour la partager, tant qu’elle correspond à leurs idéologies et/ou « fait du clic ».

Lire aussi : Médias : « Manipulation » ! « On nous prend pour des cons » !

Usages des médias sociaux

Comme nous l’avons exprimé plus haut, la méfiance envers la presse traditionnelle repose sur une critique parfois bien légitime. Néanmoins, cette posture ne s’accompagne pas toujours d’attitudes raisonnées. Ainsi par exemple, plusieurs indicateurs attestent qu’une majorité de personnes partage des articles sans même lire leurs contenus.

La mécanique est connue : lorsqu’une information nous conforte dans nos opinions préalables, dans nos émotions, nous avons tendance à y être moins vigilants. Ceci est propice au simplisme, notamment au niveau identitaire.

> Lire aussi : Lutte contre les « fake news », ou quand les gilets jaunes font leur apprentissage médiatique (Marianne, 2019).

Algorithmes et bulles de filtre

Un algorithme est une formule mathématique (un programme) qui décide pour nous ce que nous allons voir comme informations. C’est un algorithme qui organise notre « fil d’actualités », en fonction de ce que nous avons déjà aimé, de ce que nos amis aiment, de notre localisation géographique, etc.

La conséquence est que nous voyons la réalité à travers un certain filtre, comme si nous étions dans une bulle. Et là encore, cette « bulle de filtre » a tendance à nous confirmer dans nos opinions préalables, et non à nous faire réfléchir à des thèmes complexes.

Lire aussi :

Cette expérience sur Facebook va vous surprendre !

Les algorithmes des réseaux sociaux – Usages des jeunes, bulles de filtres et éducation aux médias

Fact checking et esprit critique

Enfin, un dernier thème en lien avec la circulation de l’info en temps de contestations sociales est celui de la vérification des faits (fact checking) et de l’esprit critique des citoyens. Malheureusement, de nombreux contenus partagés sur les médias sociaux ne sont pas fiables. Ils comportent des erreurs. Ils sont imprécis, orientés, voire même parfois volontairement trompeurs, pour plein de raisons qui vont de la négligence de bonne foi à la propagande.

Les acteurs qui devraient agir contre la propagation des « fake news » (La Croix, 2019)

Dans ce contexte, c’est certes aux professionnels de l’information de veiller encore davantage à la fiabilité de leurs propos, mais c’est aussi aux citoyens de prendre le temps de faire le tri dans cette masse d’infos et de s’interroger sur leur propre rapport à l’info. Sans parler des autres leviers pour contrer la désinformation aux niveaux politique, éducatif, etc.

Lire aussi : Un mensonge poserait-il problème s’il n’y avait personne pour y croire ?

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Ci-dessous, découvrez une version raccourcie de l’article.

S’informer en temps de contestation sociale – COJ#20 – 2019. Cliquez sur l’image pour agrandir.

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  1. [Version raccourcie] S’informer en temps de contestation sociale

    S’informer en temps de contestation sociale – COJ#20 – 2019. Cliquez sur l’image pour agrandir.

    10 thématiques-clés pour comprendre les enjeux de l’information avec l’exemple du mouvement des Gilets jaunes.

    1. De la méfiance à la défiance à l’égard de la presse traditionnelle

    Les journalistes sont entre autres suspectés de ne pas être indépendants des pressions politiques et financières. Néanmoins, cette méfiance ne se traduit pas toujours dans des pratiques informationnelles plus critiques : certains individus délaissent dès lors la presse traditionnelle au profit de sources peu scrupuleuses. Ils se sentent « trahis » mais manquent d’outils pour différencier les informations fiables des autres contenus. Aussi, la défiance envers la presse en tant qu’institution s’accompagne parfois d’animosité voire de violences envers des journalistes.

    2. Accointances et groupes médiatiques

    L’un des principaux reproches adressés aux médias traditionnels est que ceux-ci ne sont pas neutres, mais au contraire au service du pouvoir dominant. Les groupes de presse Français sont en effet majoritairement détenus par de riches actionnaires (Dassault, Bolloré, Niel, Lagardère…) qui ne cachent pas parfois leur soutien au pouvoir en place. Ceci néglige l’autonomie plus ou moins grande des professionnels humains qui produisent l’information. En effet, derrière l’information, il y a des journalistes qui sont eux aussi des citoyens avec une diversité d’opinions et de valeurs morales. En même temps, les conditions de travail (dont les pressions directes, mais aussi indirectes, comme l’impératif de publier rapidement, par exemple) ne sont pas toujours optimales pour que cette liberté puisse s’exprimer.

    3. Traitement des violences policières

    En lien avec le manque d’indépendance reproché aux journalistes, il a été reproché à la presse de mal couvrir les violences policières en les occultant, en les traitant de manière superficielle ou encore en les mettant sur le même pied que des violences commises par des Gilets jaunes. Si les tirs de flashballs au visage et autres bavures font désormais aussi les gros titres des médias. Certains journalistes admettent toutefois que la presse a peut-être tardé à mettre l’emphase sur ces débordements.

    4. Complotisme de masse

    Dans l’Histoire, il y a bel et bien eu des complots, c’est-à-dire des moments où un petit groupe d’individus ont manipulé l’opinion publique pour des objectifs cachés. Il est possible qu’il y ait actuellement des complots, ou du moins des manipulations par le pouvoir en place comme certains l’affirment. Cette posture est fortement liée à la défiance envers le pouvoir en place. Néanmoins, il ne faut pas confondre les deux : en effet, l’accusation de « complotisme » est souvent utilisée pour discréditer les contestataires.

    5. Pluralité des voix contestataires

    Une difficulté liée au mouvement des Gilets jaunes est que celui-ci est par essence pluriel, tout en affichant une homogénéité identitaire assez forte. Il n’est donc pas évident d’en présenter un message univoque. Ce message se construit au fur et à mesure, de manière participative, en fonction d’une diversité de revendications. Cependant, certaines figures influentes ou des groupes Facebook étiquetés « Gilets jaunes » affichent des messages populistes, complotistes, voire parfois teintés de racisme ou autre. Ces canaux de communication sont noyautés par des mouvements contestataires « classiques » comme le Rassemblement National (ex-FN), la Manif pour tous (conservateurs anti-IVG) et autres qui utilisent généralement très bien les réseaux sociaux pour donner une grande visibilité à leurs opinions, fussent-elles minoritaires. Cela biaise les consultations et sondages en ligne.

    6. Nouveaux formats et nouvelles relations au public

    Au contraire des médias « traditionnels », certains médias ou journalistes recueillent plutôt les faveurs des Gilets jaunes. C’est le cas par exemple de Brut, un média exclusivement en ligne créé en 2016 par des anciens de Canal+, diffusant essentiellement des vidéos ou encore le journaliste indépendant, de David Dufresne, qui répertorie sur Twitter les violences policières depuis le début de la contestation. Ces acteurs ont la particularité d’être proches du terrain. Ils relaient l’information en direct, côté population. Brut a notamment consacré des live Facebook lors des actions sociales où il a vraiment donné la parole à des manifestants.

    7. Des médias « alternatifs » orientés

    Dans ce contexte de méfiance envers les institutions traditionnelles, pas mal de médias « alternatifs » sont utilisés pour s’informer. Russia Today, média russe francophone accusé d’ingérence politique et de propagande, est ainsi vu comme une alternative crédible à la presse traditionnelle. Cet exemple est loin d’être le plus inquiétant : des sites et pages dits de « réinformation » (souvent d’extrême droite, comme FdeSouche, Dreuz.info…) accueillent chaque jour une large audience. Or, pour ces sites, la fiabilité d’une info est clairement un critère secondaire pour la partager, tant qu’elle correspond à leurs idéologies et/ou « fait du clic ».

    8. Usages des médias sociaux

    Si la méfiance envers la presse traditionnelle repose sur une critique parfois bien légitime, néanmoins, cette posture ne s’accompagne pas toujours d’attitudes raisonnées. Ainsi par exemple, plusieurs indicateurs attestent qu’une majorité de personnes partage des articles sans même lire leurs contenus. La mécanique est connue : lorsqu’une information nous conforte dans nos opinions préalables, dans nos émotions, nous avons tendance à y être moins vigilants. Ceci est propice au simplisme, notamment au niveau identitaire.

    9. Algorithmes et bulles de filtre

    Un algorithme est une formule mathématique (un programme) qui décide pour nous ce que nous allons voir comme informations. C’est un algorithme qui organise notre « fil d’actualités », en fonction de ce que nous avons déjà aimé, de ce que nos amis aiment, de notre localisation géographique, etc. La conséquence est que nous voyons la réalité à travers un certain filtre, comme si nous étions dans une bulle. Et là encore, cette « bulle de filtre » a tendance à nous confirmer dans nos opinions préalables, et non à nous faire réfléchir à des thèmes complexes.

    10. Fact checking et esprit critique

    Enfin, un dernier thème en lien avec la circulation de l’info en temps de contestations sociales est celui de la vérification des faits (fact checking) et de l’esprit critique des citoyens. Malheureusement, de nombreux contenus partagés sur les médias sociaux ne sont pas fiables. Ils comportent des erreurs. Ils sont imprécis, orientés, voire même parfois volontairement trompeurs, pour plein de raisons qui vont de la négligence de bonne foi à la propagande. Dans ce contexte, c’est certes aux professionnels de l’information de veiller encore davantage à la fiabilité de leurs propos, mais c’est aussi aux citoyens de prendre le temps de faire le tri dans cette masse d’infos et de s’interroger sur leur propre rapport à l’info. Sans parler des autres leviers (politiques, éducatifs, etc.) pour contrer la désinformation.

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