Death Note - Manga - Light - Ryuk

Introduire des sciences sociales avec des mangas ? Deux exemples

1. GTO, Great Teacher Onizuka 

Great Teacher Onizuka - GTO
Great Teacher Onizuka – GTO

Il faut le remettre dans le contexte de la société japonaise. Mais il se pourrait que cela puisse être généralisé bien au-delà.

Plus de 40 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

[…] GTO traduit le malaise actuel que connait la société japonaise. La crise économique et l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle ont plongé la jeunesse japonaise dans la décadence et un esprit de rébellion contre les valeurs traditionnelles.

Comment dès lors expliquer le succès de GTO en France [NDLR : et en Belgique, sur MCM, notamment] ? […] les travers du système éducatif japonais ne sont pas tant éloignés de ce que connait la France.

 Les élèves sont confrontés de près ou de loin au suicide, à la scarification, à la violence (entre eux, notamment), aux conflits familiaux,… Ce sont les thèmes qu’on retrouve abordés lors de l’application de concepts à des faits sociaux (drogues, alcool, violence…). Ils sont par ailleurs très attentifs à la question du sens. Question aussi du conformisme par le biais du non-conformisme, du subversif : le professeur est un ancien cancre. Question encore de la crise de l’emploi, du stress qu’il provoque, du chômage… De nombreuses personnes de ce manga sont à deux doigts du suicide avant de rencontrer le héros principal.

2. Death Note

En 2006, plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde.

Questions éthiques du bien et du mal, de la peine de mort (le personnage principal acquiert le pouvoir de tuer n’importe qui et choisit de l’utiliser contre les criminels), de la justice.

Death Note - Manga - Light - Ryuk
Death Note

3. Quelques pistes

Deux arguments : d’une part, il semblerait que la question du sens se vive particulièrement et de manière parfois virulente au Japon. D’autre part, le style manga est fort axé sur la psychologie de ses personnages, sur leur ressenti et, en général, sur une vision nuancée de la société (notamment en ce qui concerne la question de la « banalité » du mal). Alors que les bandes dessinées traditionnelles mettent l’accent sur l’action, sur l’intrigue, ces récits japonais ont la particularité de traiter des questions philosophiques et de société par l’intermédiaire de leurs personnages. Le partage des points de vue y est par ailleurs fort présent, ce qui donne au final de nombreuses pistes et faits que l’on peut rattacher à une théorie ou un concept.