Comment je m’informe sur le web

Décembre 2015. Voici une question qui m’a été posée à plusieurs reprises : « comment vous informez-vous sur le web » ? La semaine dernière, j’ai pris le temps d’y réfléchir un peu afin d’observer quelques-uns de mes automatismes et de présenter cela de manière synthétique.

Je propose en vrac quelques éléments de réponse. Cela ne représente certainement pas une recette, et n’a aucune prétention à l’exhaustivité. C’est juste une présentation de quelques manières de procéder.

Twitter, un tri en amont

Sur Twitter, je suis abonné à des comptes de manière vraiment très sélective, en fonction de la qualité des contenus partagés, de la confiance que j’accorde en conséquence à leur titulaire et des thèmes qui m’intéressent. Je ne suis pas les comptes qui tweetent beaucoup.


Voyez également mes listes thématiques.

Exemples :

L’actu généraliste

Pour l’actualité, j’ai aussi un accès « favori » à la plupart des sites de presse belges francophones (La Libre, Le Soir, RTBF Info, RTL Info, La DH, L’Avenir… Je consulte principalement les trois premiers). Néanmoins, lorsque je souhaite une information approfondie sur un sujet complexe, j’ai tendance à faire moi-même le travail de collecte des données « primaires », sachant comment il est réalisé en général (ceci étant bien entendu à nuancer au cas par cas). Je suis également de près le site d’Arrêt sur Images et d’Acrimed, entre autres.

Pour la vérification des sujets d’actualité au niveau international, voir notamment Les Décodeurs (Le Monde), Libé Désintox (Libération), Vérifié (Buzzfeed), des sites anti-hoaxes comme HoaxBuster, DebunkersDeHoax, voire la cellule « Du faux ou de l’info » d’AlloDocteurs concernant les informations sur la santé et la médecine.

J’utilise ces sites à l’heure où j’écris ces lignes. Un site n’est pas intrinsèquement « fiable » et les lignes éditoriales peuvent changer. A mon sens, la confiance est une chose qui se construit et se travaille sur le long terme, et non quelque chose d’acquis une fois pour toutes.

Documentation ciblée (veille) : Scoop.it, StumbleUpon…

Sur Scoop.it, je suis abonné à plusieurs topics relayant des informations ciblées.

Sur StumbleUpon, mes abonnements sont thématiques.

Dans une optique similaire, je pourrais utiliser Linkis, Paper.li, Pearltree ou encore Reddit, mais je les trouve moins pratiques et ergonomiques.

Sur Youtube, je suis également abonné à des chaînes, mais celles-ci sont beaucoup plus de l’ordre du divertissement et des loisirs (de même que des sites culturels comme Senscritique).

J’utilise en outre Tumblr et Google+ avec une poignée d’abonnements, mais de manière beaucoup moins régulière.

Facebook ne m’apporte quant à lui pas une grande plus-value au niveau des actualités ou de dossiers de fond, malgré la possibilité de « classer » ses amis dans des listes et de s’abonner à des pages. J’y suis informé des événements et des débats d’opinion.

Je participe enfin à quelques forums privés (pour des discussions, généralement entre passionnés).

Sites inconnus

Lorsque j’atterris sur un site que je ne connais pas, j’applique quelques critères que j’explique dans mon article traitant d’une activité pédagogique de recherche documentaire (ici en vrac, de manière non-exhaustive et pas nécessairement tous de manière systématique) :

> Lire aussi une version « simple » pour déjouer les rumeurs, notamment dans le cadre d’événements angoissants / en cas de crise : 7 conseils pour déjouer les rumeurs (2015). Ceci est un peu caricatural, mais ça a le mérite d’être rapide à lire et à appliquer, ne serait-ce que pour éveiller le questionnement en cas de situation de crise.

Le Decodex, un outil pertinent face à la désinformation et aux mensonges sur le web ?

A ce sujet, voir aussi mon activité pédagogique « Concevoir et appliquer une grille pour évaluer une ressource sur Internet », sur le site du CSEM.

Sujets polémiques, recherche et exploration

Lorsqu’un thème me semble polémique, encore « trop chaud » (trop proche en date, trop marqué par de l’émotionnel, etc.) ou sujet à différentes interprétations, par exemple, je recherche généralement des sources supplémentaires sur le même thème afin de conforter ou non l’information.

Néanmoins, c’est très bien de varier ses sources, et à la fois toutes n’ont pas la même valeur, loin de là. Du coup, parfois, en lisant beaucoup, ça embrouille plus qu’autre chose : on ne sait plus quoi penser à cause de la désinformation, des mensonges. Le fait de multiplier les sources est parfois à l’origine d’une plus grande confusion.

Certains sites de désinformation se citent mutuellement et ne rectifient pas leurs propos, même lorsque ceux-ci ont fait l’objet d’une déconstruction : d’une part, parce qu’ils s’en contrefoutent que ce soit vrai ou faux, et d’autre part parce qu’ils savent très bien que des gens vont quand même continuer à lire et partager leurs articles faux et que ces gens ne verront jamais la rectification des propos qui a été faite. Il y a un tri radical à faire (en fonction des recommandations ci-dessus).

Il existe d’autres moteurs et métamoteurs que Google. En dépit des critiques adressées à Google (qui ne sont pas l’objet de cet article), je l’utilise régulièrement en variant les mots-clés, les opérateurs avancés éventuels (notamment l’outil « inurl: », la recherche par date ou zone géographique ou encore le « – » qui me sont très utiles), etc.

Wikipédia

Sur des sujets à propos desquels je souhaite en apprendre davantage, j’utilise Wikipédia de la manière suivante :

  • Pour débroussailler (porte d’entrée)
  • Pour trouver des liens externes, si possible académiques ou institutionnels (en références) et naviguer ensuite de liens en liens
  • Pour ses pages « Historique » et « Discussion » relatives à chaque article, qui renseignent parfois sur les incertitudes, les polémiques ou encore les tentatives de manipulation ou de désinformation

Exemple : La page de discussion autour du mot « Endive »

A ce sujet, voir aussi CSEM (dir.), « Recherche et fiabilité de l’information en ligne » (2013) ou encore LECOMTE, J., chapitre « Wikipédia », in Médias : influence, pouvoir et fiabilité. A quoi peut-on se fier ?, Paris : L’Harmattan, 2012, pp. 204-207.