Amour, divorces et altruisme

Donner

Le texte suivant est l’œuvre du chrétien Charles Péguy. Cependant, si on enlève les allusions à Dieu, je pense qu’il peut s’adresser à un public non-chrétien. Je crois que même en étant d’une autre religion ou athée, ce texte peut vouloir dire quelque chose. A ce sujet et de manière plus générale, je crois que même lorsque l’on ne partage pas les croyances de quelqu’un, dans un sens comme dans l’autre, on peut tâcher d’y rester ouvert. Parallèlement, je pense qu’un croyant doit être ouvert aux messages profanes et des autres religions. Fin de parenthèse, car la réflexion n’est pas là.

On peut également faire abstraction du terme « mariage » : le texte vaut à mes yeux pour les couples ou les amitiés, dans la mesure où il est davantage question de prise en compte et d’attention à l’autre, notamment dans sa différence.

On attribue ce texte à Charles Péguy.

« Cela m’étonne toujours, dit Dieu, d’entendre les gens dire :
– Nous sommes mariés !
… Comme si on se mariait un jour !
Laissez-moi rire.
Comme si on se mariait une fois pour toutes.
Ils croient que c’est arrivé, et qu’ils peuvent vivre, vivre de leurs rentes d’amour de gens mariés.
Comme si on se mariait un jour.
Comme s’il suffisait de se donner une fois, une fois pour toutes.
Comme si Moi-même j’avais fait le monde en un jour ; comme s’il ne fallait pas, à tout prix, pour un bon sens enfin, se marier tous les jours que je fais.
Les hommes ne doutent de rien!
Deux moitiés ont tant à marier!
Quand on a été vingt ans seul, jeune homme seul, jeune fille seule, si différents, de souches étrangères l’une et l’autre depuis des générations d’antan.
Que de choses à donner et à recevoir. Que de choses à recevoir et à donner, mes enfants ! »