Médias : influence, pouvoir et fiabilité – Partie 1 – Des critiques envers les médias

Plan du livre Médias : influence, pouvoir et fiabilité

Dans une première approximation, nous pouvons dire qu’un média offre une construction, une mise en forme de faits ou opinions en fonction d’une sélection de contenus (choix de l’info), d’un ou plusieurs publics présumés et ciblés, mais aussi de partis pris, avec une honnêteté et un souci d’être clair, concis et d’informer plus ou moins grands. Tout en étant l’héritier de certaines visions du monde, dans un contexte technologique, social, culturel et un état de connaissances donnés.

Dans cette première partie, nous entendons « critiques » au sens de « reproches », selon l’acception négative du terme « critique ». Il s’agit d’envisager les dénonciations des médias et de comprendre leurs origines et leurs raisons profondes, mais aussi de les nuancer.

Les médias de masse existent depuis l’imprimerie : ils correspondent à la circulation de l’information à grande échelle. Dès ce moment, la presse écrite, la radio, la télévision et ensuite Internet ont été marqués par des utilisations qui posent question.

Pourquoi associer les médias et la manipulation ? Comment se fait-il que l’on s’en méfie, voire que l’on doive s’en méfier ? Historiquement, quelles dérives ont été observées ? Quels sont les problèmes actuels pointés du doigt ? Qui est désigné comme responsable, « tirant les ficelles », et pourquoi ? Qui a des enjeux à communiquer ? En somme, quelle est l’influence de ces médias ?

Pour répondre à ces questions, la section se subdivise en quatre points, relatifs aux « responsables » identifiés des dysfonctionnements médiatiques :

  1. Propagande et politique. Un système tout entier, notamment lors de la seconde guerre mondiale, utilise les images, textes et sons pour tromper la population. Nous introduisons ce chapitre sous l’angle de la tromperie par le son… ou la presse écrite (Orson Welles et son canular radio) et l’image (photographies de propagande). Nous y présentons la critique historique comme méthode d’investigation critique. La communication politique est interrogée ensuite. Le rapport des médias au pouvoir et les enjeux électoraux sont des problématiques soulevées. Nous les agrémentons par des études de cas concrètes du début des années 2000-2010 : dépenses de politiciens, Nicolas Sarkozy en France, Silvio Berlusconi en Italie, coloration politique d’instances belges, etc.
  2. Le fonctionnement intrinsèque des médias : des idéologies et partis pris (culturels ou identitaires, entre autres) sont colportés de manière sous-jacente (opinions des journalistes, mise en forme, clichés sociaux, etc.). Nous illustrons la réflexion avec le cas des communautarismes en Belgique, le traitement médiatique de Barack Obama versus celui de George W. Bush en Europe et la problématique du choix et du traitement de l’information. Nous pratiquons également des analyses de productions culturelles : clips musicaux, séries, téléréalité et héros de Comics aux USA. La question de l’influence des médias ne renvoie pas seulement à des tentatives de tromperie à travers des informations erronées, mais aussi à des croyances, valeurs, représentations et stéréotypes inconscients. Quel est en effet le sens de discerner quand la presse d’information commet des erreurs plus ou moins ponctuelles si par ailleurs nous baignons dans des discours implicites que nous ne pensons même pas à remettre en question ?
  3. Economique, publicité et lobbying : société de consommation, capitalisme, industrialisation, uniformisation et aliénation font partie des thématiques évoquées, en regard de grilles d’analyse concernant notamment la publicité.
  4. Une question résulte de cet état des lieux : « à quoi peut-on se fier ? ».

Médias : influence, pouvoir et fiabilité – Partie 1 – Chapitre 1 – Propagande et politique