Médias : influence, pouvoir et fiabilité – Partie 2 – Des rapports aux médias

Nous avons décrit plusieurs caractéristiques du fonctionnement médiatique, en insistant sur leurs dérives potentielles ou observées. Ces considérations nous ont permis de dresser un éventail de questions et de critères afin d’évaluer la fiabilité des informations.

Dans cette seconde partie, nous invitons à réfléchir aux dimensions individuelle et sociale de nos relations aux médias. En effet, la fiabilité n’est pas seulement une question de vérité, mais bien également d’un rapport de croyance et d’attitudes de confiance ou de méfiance.

  • Quels sont les différents rapports entretenus par rapport aux médias ?
  • Existe-t-il des attitudes plus propices à la critique constructive que d’autres ?

Dans la première partie, nous avons évoqué la différence entre dénotation et connotation, en nous attachant aux différents sens possibles d’un document. Nous avons ensuite mentionné une piste de prolongement : l’idée que notre rapport au monde via les signes et les médias est essentiellement un rapport interprétatif. Ce prolongement évoque une évolution dans la manière d’envisager le signe : il n’est plus seulement un reflet plus ou moins fidèle des choses, indépendamment de toute perception. La perception humaine est ici prise en compte : il n’y a de signe qu’en tant qu’il est interprété comme tel. Autrement dit, le signe et l’appréhension du monde par l’être humain sont intimement liés. La compréhension critique des contenus et des dispositifs peut se voir enrichie par la connaissance de nos façons de les appréhender.

Ainsi, si nous sommes d’accord sur l’idée que les médias ont un impact sur notre rapport au monde, il nous faut considérer que les signes et dispositifs médiatiques auxquels nous sommes confrontés (dont leurs différents langages), ainsi que nos sens en ont un également. Métaphoriquement, notre regard est façonné par notre vue.

Cette notion de construction interprétative de nos représentations invite à questionner notre propre rapport au monde, individuel ou social (question des langages, des points de vue personnels et interprétations subjectives, des contextes sociaux et culturels, des valeurs et idéologies, etc.). Autrement dit, analyser les médias, c’est aussi porter un regard réflexif sur soi-même et s’interroger à propos des usages sociaux, des pratiques et des opinions communes.

La question du récepteur et de ses comportements, de ses attitudes, de ses croyances et de ses discours est par conséquent un enjeu pour comprendre les médias. En effet, comprendre les médias, c’est notamment comprendre notre façon de les appréhender ou d’appréhender le monde par leur biais.

Pour ce faire, nous posons les jalons suivants :

  1. Des paradoxes des critiques envers les médias. Dans cette première subdivision, nous montrons que certains discours de méfiance systématique sont contradictoires, pas nécessairement rationnels et peu propices à une pensée critique. Les déclarations ne correspondent pas toujours avec les pratiques.
  2. La coconstruction du message dresse un panel de nombreux comportements des publics, des audiences des médias. La fiabilité est aussi une affaire d’adhésion socio-affective, et non seulement de réception passive.
  3. Prolongements. Il s’agit de montrer en quoi une réflexion de l’ordre de l’épistémologie générale peut enrichir l’analyse des médias.

Médias : influence, pouvoir et fiabilité – Partie 2 – Chapitre 1 – Des paradoxes des critiques par rapport aux médias