Médias : veille documentaire 2016-2017

Je recense ici des ressources découvertes en 2016 et en 2017.

Quand l’engueulade devient virale : décryptage de la mécanique du clash – Rue89 – L’Obs

« Zemmour, Finkielkraut, Onfray, Valls… tous ont eu leur « clash ». Comment ce vieux format est-il devenu la norme sur Internet ? »

Avec pour conséquence une bipolarisation radicale et simpliste par rapport à des questions de fond ?

Poster des photos de ses enfants sur le web est-il sans danger ?

Est-il normal ou risqué de poster des photos de ses enfants sur les réseaux sociaux ? Le débat agite les pays anglo-saxons. Beaucoup de gens trouvent ça tout-à-fait naturel de partager des photos de leurs enfants avec leur famille ou leurs amis. Mais d’autres s’inquiètent. 92% des bébés américains de moins de deux ans ont une présence en ligne. Certains dès avant leur naissance, parce que leurs parents ont posté des échographies. Et selon le magazine TIME, lorsqu’ils atteindront l’âge de 5 ans, le nombre de photos où ils figurent sur les réseaux sociaux se montera à… mille !

L’injonction à la déconnexion est-elle autre chose qu’une critique morale ? « InternetActu.net

Dans le New Inquiry, le sociologue Nathan Jurgenson (@nathanjurgenson) livre une critique sans concession du dernier ouvrage de la psychologue Sherry Turkle, Reclaiming Conversation. Ce n’est pas la première fois que Jurgenson remet à sa place la psychologue, dont il avait vertement critiqué le précédent ouvrage, Seuls ensemble (voir “Nous ne serons plus jamais déconnectés”).

Pourquoi les médias sociaux ne changent-ils pas le monde ? « InternetActu.net

La prolifération de l’usage des médias sociaux n’a pas abouti à un changement social significatif, estiment les chercheurs Alex Pentland, Manuel Cebrian et Iyad Rahwan dans un article (.pdf) du dernier numéro de la revue Communications of the ACM. Pour Alex Pentland, le directeur du Laboratoire des dynamiques humaines du Media Lab du MIT (dont nous avons souvent parlé, notamment en rendant compte de son livre sur la physique sociale) et du groupe de travail sur la science de la connexion, Iyad Rahwan (@iyadrahwan) directeur du groupe de recherche Scalable Cooperation du Media Lab et Manuel Cebrian du groupe de recherche consacré aux données Data61 de l’agence nationale de la recherche australienne, le CSIRO, si les médias sociaux ont fourni un carburant aux mobilisations spontanées, ils n’ont pas aidé à construire un changement social durable et réfléchi, c’est-à-dire des actions collectives coordonnées.

Vie privée : faites du bruit pour vous protéger de Google et compagnie – Rue89

Pour brouiller vos traces, plutôt que de couper le fil de votre routeur, d’installer des systèmes pour anonymiser vos discussions et d’emballer votre téléphone dans du papier aluminium, mieux vaut générer du bruit.

C’est le principe de l’« obfuscation », une tactique développée par des chercheurs et des activistes, et dont on vous parle parce qu’en ces temps de surveillance généralisée, c’est de salut public.

L’idée est de se protéger de la surveillance en générant des informations superflues, inutiles, ambiguës ou inexactes, qui rendent alors le ciblage peu précis et inefficace.

The Social-Network Illusion That Tricks Your Mind

Network scientists have discovered how social networks can create the illusion that something is common when it is actually rare.

Stanford computer scientists show telephone metadata can reveal surprisingly sensitive personal information | Stanford News

Stanford researchers show that telephone metadata – information about calls and text messages, such as time and length – can alone reveal a surprising amount of personal detail.

Surveillance de masse et pouvoir(s)

Le Brexit, ou l’impuissance du fact-checking – Libération.fr

C’était la promesse emblématique du camp du Leave, inscrite en grosses lettres sur des bus qui sillonnaient le pays : la Grande-Bretagne envoie 350 millions de livres par semaine à l’Union européenne, une somme qu’il vaudrait mieux affecter au moribond NHS, le service public de la santé britannique.

[…] « Et personne ne pouvait fact-checker Nigel Farage avant ? », se sont demandés, interloqués, des observateurs en France. Le problème est que cette promesse a été très largement démentie

[…] Et pourtant la moitié des Anglais est toujours persuadé de la véracité de ce chiffre, comme l’a montré un sondage IPSOS-Mori.

[…] le fact-checking n’est qu’une munition comme une autre dans la bataille de l’information qui fait rage sur les réseaux. Les articles de presse servent souvent à conforter une position ou une autre. Et s’ils ne collent pas à ce que l’on pense, il suffit d’aller chercher une autre vérité ailleurs. Tout existe sur Internet : la vérité, sa contre-vérité et toutes les nuances. Il convient juste de trouver la bonne URL.

[…] Les médias sont une des institutions auxquelles il est accordé le moins de crédit. D’après le dernier baromètre du CEVIPOF, seuls 30% des Français leur font confiance.

Les propos de cet article rejoignent une des thèses principales de « Médias : influence, pouvoir et fiabilité ».

D’une part, la presse paie les dérives dont elle a pu faire l’objet (partis pris politiques et idéologiques, inexactitudes, désinformations plus ou moins volontaires, représentations stéréotypées, etc.).

Le factchecking demeure nécessaire, de même qu’une pensée à long terme et non limitée aux effets immédiats sur l’audience. Autrement dit, la presse se mange la méfiance que certains ont contribué ou contribuent à construire au nom de l’argent que cela leur rapporte le lendemain, dans une visée à court terme. Par exemple, lorsque Christophe Barbier laisse entendre que tous les buzz (y compris les « bad buzz ») sont bons pour son audience, il néglige totalement les effets collatéraux à long terme pour toute la presse.

D’autre part, l’adhésion du public est « colorée » (et pas spécialement en fonction de critères dits « logiques » ou « rationnels »). Les différents publics se réapproprient les messages en fonction de leurs propres représentations, de leur vécu, de leur ressenti. Comme je le décris dans le livre évoqué ci-dessus, les préférences sociales et affectives ont parfois un impact plus grand sur les choix des individus que les éléments « rationnels » auxquels ils prétendent se rallier. Tout comme les journalistes sélectionnent et formatent l’information, les individus choisissent, interprètent et mémorisent l’information avec leurs propres biais. Pour le dire encore autrement : si les médias construisent les messages à travers leur prisme, les individus construisent également leur interprétation de ceux-ci à travers le leur.

Cela représente un défi à plusieurs niveaux, pour la presse notamment :

  • la confiance érodée au fil des années ne risque pas de se regagner du jour au lendemain. Il faut redorer le blason de la presse si elle souhaite restaurer la confiance, dans une vision à long terme et pas seulement en fonction des ventes du lendemain.
  • la communication factuelle ne suffit visiblement pas pour aider à nuancer ou à réinstaurer la vérité – comme je le laisse entendre dans les articles suivants :

Il est en ce sens contreproductif de négliger l’aspect émotionnel, social et affectif des « informations ». L’aspect sémantique (le sens et la vérité des mots et des discours) ne suffit pas : il faut prendre en compte également l’aspect pragmatique, c’est-à-dire comment les individus se réapproprient ces mots et ces discours. Autrement dit, il ne suffit pas d’analyser le rapport entre les mots et les choses, il faut aussi prendre en compte le rapport entre les mots, les choses et les gens. Ceux qui autrefois étaient considérés comme de purs « récepteurs » sont en réalité actifs dans la construction de leur rapport à l’information et au savoir. Un des enjeux consiste à les prendre en compte.

  • enfin, cela conforte le champ d’investigation de toutes ces démarches – principalement éducatives – qui visent à développer la pensée critique des individus (à travers l’apprentissage et l’application de méthodologies rigoureuses d’évaluation de l’information, mais aussi la connaissance de leurs propres fonctionnements psycho / socio cognitifs, entre autres)…

Facebook nous isole de plus en plus des opinions différentes des nôtres

Nous avons pris l’habitude de passer par Facebook pour nous informer, et cela pose un énorme problème.

En quelques mois, Facebook nous a invités plusieurs fois à modifier notre photo de profil : pour Paris et pour Bruxelles (pas pour l’Irak, récemment, et tous les autres entre temps), pour la sortie de Star Wars (!)…

Il m’invitait il y a quelques jours encore à poster un statut (« exprimez-vous ») à propos de France-Allemagne.

Le medium n’est pas neutre.

Cette expérience sur Facebook va vous surprendre !

Il est plus que temps que le Big data évalue ses impacts « InternetActu.net

Cathy O’Neil est data scientist (blog, @mathbabedotorg). Docteur en mathématique de Harvard, elle vient de publier un livre intitulé Armes de destruction matheuses expliquant comment les Big Data augmentent les inégalités et menacent la démocratie, comme le soulignait une récente interview d’elle dans Rue89. Elle a beau être une spécialiste des données et de leurs traitements, elle n’en est pas moins très sceptique et critique sur l’utilisation que nous en faisons.

Why We Fall Prey to Misinformation – Association for Psychological Science

Even when we know better, we often rely on inaccurate or misleading information to make future decisions. But why are we so easily influenced by false statements such as “vaccinations cause autism” or “30 million illegal immigrants live in the U.S.?”

In a new review of existing research, psychological scientist David Rapp (Northwestern University) explains that people encode the inaccurate statements into memory because it’s easier than critically evaluating and analyzing what they’ve heard.

Le procès des journalistes, par les journalistes

En pleine année électorale où les médias sont soit enterrés sous les critiques soit tenus à distance, une quarantaine de journalistes américains ont regardé leur milieu, les yeux dans les yeux, pour savoir pourquoi tout va si mal.

Théories du complot : pourquoi elles persistent (voire se développent) ?

A l’occasion du 15e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, j’ai constaté que le complotisme se portait bien. Comment expliquer cela, à l’heure où les moyens de s’informer n’ont jamais été si faciles d’accès ?

Par Cyrille Frank

Ce que Nice-Matin a appris après un an de journalisme de solutions sur son offre abonnés

Quand nous avons décidé de développer une offre éditoriale payante tournée vers le journalisme de solutions, beaucoup ont écarquillé grand les yeux. Soit par interrogation ne comprenant pas très bien…

Le journalisme de solutions – Analyse des présupposés

Misinformation: Psychological Science Shows Why It Sticks and How to Fix It – Association for Psychological Science

The main reason that misinformation is sticky, according to the researchers, is that rejecting information actually requires cognitive effort. Weighing the plausibility and the source of a message is cognitively more difficult than simply accepting that the message is true – it requires additional motivational and cognitive resources.

[…]

Misinformation is especially sticky when it conforms to our preexisting political, religious, or social point of view. Because of this, ideology and personal worldviews can be especially difficult obstacles to overcome.

Selon l’étude (« Misinformation and Its Correction: Continued Influence and Successful Debiasing »), la désinformation fonctionne bien dans la mesure où il est moins « couteux » cognitivement parlant de simplement accepter qu’un message est vrai plutôt que d’en évaluer la fiabilité.

C’est plus difficile et cela demande un effort.

Cela fonctionne d’autant plus lorsque la désinformation conforte des points de vue (politiques, idéologiques, religieux…) préexistants…

Une thèse que je développais aussi (à la suite d’autres auteurs et sur base de recherches en ce sens) dans mon ouvrage Médias : influence, pouvoir et fiabilité (2012)

La “post-vérité”, “lémédia”, le fact-checking et Donald Trump

Blame it on the media. C’est devenu un classique : si Donald Trump a remporté l’élection américaine, déjouant les prévisions, c’est forcément un peu, voire beaucoup la faute des médias. Des médias américains en premier lieu, bien entendu, mais aussi un peu tous les médias mondiaux.

Les jeunes, ces pauvres nases !

Une vidéo est en train de faire du bruit dans les réseaux sociaux : le portrait au vitriol de la génération des « Millenials »

« Pourquoi une telle charge circule-t-elle autant ? D’abord Simon Sinek parle bien, il est drôle et a le sens de la formule. Ensuite, il ne dit pas que des choses fausses, mais il est formidablement simpliste (je pourrais vous expliquer en détail pourquoi, si mon temps de parole n’était pas scandaleusement limité pour des raisons que je ne m’explique toujours pas) ».

« Quant au fait que cette vidéo connaisse un grand succès grâce aux mécanismes dont elle dénonce les effets – les réseaux sociaux etc.- ça ne semble gêner personne. C’est vrai qu’on n’est plus à une contradiction près ».

Comment «journalopes» et «merdias» se sont répandus sur les réseaux

Ces néologismes injurieux, formulés sur les réseaux sociaux, stigmatisent une «caste» médiatique jugée élitiste, des accusations portées depuis des décennies par l’extrême droite.

Je lis pas mal d’opinions fustigeant les biais des médias (cf. l’article de S. Laurent, cité ci-dessus), la « post-vérité », etc.

Des termes (orduriers) comme « merdias », « journalopes » (ou « gauchiasse ») semblent se populariser, comme le relève cet article.

Or, peu semblent prendre en compte le fait que les biais de « la » presse reflètent certains de « nos » propres biais sociocognitifs.

Certains qui accusent la presse d’être indigne de confiance colportent des mensonges plus gros qu’eux, sans les remettre en cause…

Cf. notamment mon dossier sur les propos faux et haineux.

La critique des médias doit continuer, mais elle doit aussi s’accompagner de la critique de notre propre rapport aux médias / à l’info…

J’écrivais tout ça là-dedans en 2012 et n’en changerais pas le fond aujourd’hui, juste les illustrations… A réécrire aujourd’hui, j’approfondirais ces « réappropriations dysfonctionnelles »…

Peut-on répondre à la désinformation ?

Depuis l’élection de Trump (voir nos deux précédents articles : « Trump : les 5 échecs des nouvelles technologies » et « Facebook, une entreprise politique ? »), la question de la propagation de fausses informations semble révéler d’une véritable crise de confiance dans notre système médiatique et politique, comme l’expliquait récemment le chercheur en science de l’information Olivier Ertzscheid.

En Allemagne, une poupée connectée qualifiée de « dispositif d’espionnage dissimulé »

L’agence de régulation des réseaux a interdit le jouet à la vente, et enjoint aux parents de détruire ceux que leurs enfants possèdent.

Le Soir : « Le recul de la liberté de la presse en trois ans selon RSF »

« Accro aux écrans »

Je rencontre régulièrement des parents inquiets à propos de l’addiction de leurs enfants aux nouveaux médias. La question des addictions semble être une perspective privilégiée pour parler des pratiques des jeunes sur les nouveaux médias… Quelle est l’ampleur du phénomène ? Comment l’expliquer et le prévenir ?

Florian Gouthière à propos de journalisme scientifique bullshit

Facebook admits : governments exploited us to spread propaganda | Technology | The Guardian

Report published on Thursday reveals how countries and governments exploited Facebook platform

Trusting News Project Report 2017

SUMMARY: With reports of “fake news” during the 2016 election and the President of the United States referring to the media as “the enemy of the people,” journalists are facing new questions about public trust in news organizations. For instance, in today’s highly charged political climate, which news sources are trusted and which ones are not? And to what degree does media trust explain individual decisions to financially support news organizations? This report—commissioned on behalf of the Trusting News project by the Reynolds Journalism Institute (RJI) at the University of Missouri—sheds light on this topic. The goal of the Trusting News project is to better understand elements of trust and distrust in the relationship between journalists and nonjournalists. Toward this end, the Trusting News project worked with 28 newsrooms to collect data from different media audiences from across the United States. This report provides a description of the data and summarizes the results from statistical analysis of the data.

« Lagardère, de l’art de renvoyer l’ascenseur »

« Tiens, Valeurs sanglote à son tour sur la censure de trois mecs qu’on voit partout… « 

« Real news », « fake news », à vous de juger !

Initiation à la critique des sources à partir du journal Le Soir, par Emmanuel Wathelet.

danah boyd : « Your Data is Being Manipulated »

Très agacé par les Paradise Papers, Bernard Arnault (LVMH) sanctionne Le Monde en retirant jusqu’à la fin de l’année ses pages de pub dans le quotidien

Ce que liker veut dire

Dans Le Web affectif (Ina Éditions), Camille Alloing et Julien Pierre analysent nos émotions en ligne. Par quoi sommes-nous affectés ? Quels rôles jouent les dispositifs socio-numériques dans le partage de nos émotions ? Et surtout, à qui profite l’affect ?

Aimez, indignez-vous, partagez, réagissez… : les injonctions émotionnelles

La mémoire historique est-elle soluble dans les réseaux sociaux ?

« Les réseaux sociaux sont devenus dans plusieurs pays le principal canal déclaré d’information pour les adolescents, avant la télévision ou la radio », observe Julien Lecomte. Mais ils ne remplacent pas le cadre scolaire pour autant. Le problème, c’est que sur Internet, le récit historique se retrouve placé en confrontation avec des informations complotistes ou négationnistes, et que les médias sociaux nous encouragent à nous diriger vers l’information – ou la désinformation – qui nous arrange. C’est ce que l’on appelle les ‘bulles de filtres’, gonflée à la fois par notre subjectivité et les algorithmes qui décident de la variété des données qui nous sont mises sous les yeux ».

Même si on encourage les internautes à vérifier ce qu’ils lisent sur le Web, ils risquent de se diriger vers des sites qui les conforteront dans leurs opinions. On pense être objectif, mais par la force des choses, on n’a même plus la possibilité de l’être. J’ai pourtant tendance à relativiser l’impact des médias sociaux, qui s’inscrivent en général dans un contexte plus large. Si la mémoire historique se dilue sur Internet, c’est qu’elle se dilue dans les mémoires tout court. »

Développer la capacité à changer de point de vue : les enjeux de la « décentration »

Désinformation et éducation aux médias : entretien

Pourquoi certains nient les résultats de la science

« Dans sa dernière chronique (payante) publiée dans Le Monde et consacrée au concept de post-vérité dans les sciences de l’environnement, mon confrère Stéphane Foucart rappelle notamment qu’on trouve, parmi les grandes figures du climatoscepticisme, de véritables scientifiques – en général non issus des sciences du climat. La question souvent posée à leur sujet est la suivante : comment se fait-il que des chercheurs rompus à la méthodologie scientifique et capables de lire les publications dans les revues spécialisées refusent d’accepter les résultats et éléments de preuve écrasants rassemblés par leurs collègues climatologues » ?

« Pour le chercheur de Yale, ce qui compte dans l’adhésion ou non aux résultats de la science, c’est avant tout le fait de savoir si cela va nous faire sortir ou pas de notre groupe culturel ».

« Voici l’analyse que John Woolley fait de cette histoire : « C’est un cas classique de “Voir ce à quoi on croit”. J’ai tendance à considérer l’information issue de nos sens comme passant à travers des filtres – ou comme étant mise en forme par nos cerveaux – tout comme nous essayons de donner du sens à tout ce qui se passe autour de nous. Cela signifie que la même information sensorielle peut être interprétée assez différemment par nos cerveaux suivant les occasions, suivant les filtres ou les formes qui opèrent à ces moments donnés ».

Encore une illustration de l’impact de variables socioculturelles au détriment de la « culture » scientifique/la « raison ».

Grosso modo, cet article illustre combien « nos » « croyances préalables », « nos » « structures mentales » ou encore « nos » propres « filtres » peuvent influencer la manière dont nous percevons et interprétons un message ou un contenu.

Autrement dit, lorsque nous jugeons et évaluons une information, nous exerçons une activité qui n’est pas « neutre ».

Comme « les » médias, nous sélectionnons des parties de réalité, nous les mettons en forme, les mémorisons et les construisons d’une certaine manière.

De ces constats, je retire que l’analyse critique de la presse et des « intermédiaires informationnels » en général s’enrichit de l’analyse critique de notre propre rapport à ces « médias ».

Il s’agit d’une thèse que je développe entre autres dans mon livre « Médias : influence, pouvoir et fiabilité »

Schneidermann : « Ce n’est pas “le travail journalistique” qui est pourri »

Oui, c’est une guerre, la guerre de l’infaux. Une guerre mondiale. Et comme dans toute guerre, il faut être d’un côté ou de l’autre. Pas d’entre deux. Pas de no man’s land. Pas de distance critique. Avec nous ou contre nous…

Ce « cadre vermoulu » dans lequel la presse s’exerce a trop longtemps négligé les effets à long terme de son fonctionnement…

Indicateurs court-terme de ventes d’espace publicitaires vs éthique. En 2013, je citais déjà Schneidermann, justement, qui s’inquiétait du regard de C. Barbier par rapport à ses stratégies pour faire le buzz :

« Cette logique poussée à son extrême invite à aller jusqu’au « bad buzz ». Comme le pointe @rrêt sur images à propos du tollé provoqué par une des couvertures de l’Express : « le plus intéressant, dans la justification de [Christophe] Barbier, est une autre phrase : en substance, dit-il, peu importe le bad buzz. Le bad buzz est toujours du buzz. Qu’on parle de moi en bien ou en mal, pourvu qu’on en parle ». En somme, cela revient à identifier la communication à une fin en soi : peu importe ce qu’on communique, pourvu qu’on communique. Cependant, si les « bad buzz » ont peut-être un effet positif sur les ventes à court terme, rien n’est moins sûr sur le long terme : il est ainsi possible de discréditer progressivement un titre, une chaine ou un produit[7]. Lorsqu’une chaine de télévision publique sacrifie des émissions culturelles au profit de séries pré-formatées qui ont du succès sur d’autres chaines, on est en plein là-dedans : quid de l’impact sur son image et sa réelle plus-value ? Dans quelle mesure cela ne nuit-il pas à la fidélisation de son public ? »

Communiquer et sensibiliser : idées reçues, efficacité et éthique

Stanford study examines fake news and the 2016 presidential election | Stanford News

Now there’s concrete data proposing that false news stories may not have been as persuasive and influential as is often suggested.

Fabricated stories favoring Donald Trump were shared a total of 30 million times, nearly quadruple the number of pro-Hillary Clinton shares leading up to the election, according to Stanford economist Matthew Gentzkow. Even so, he and his co-author find that the most widely circulated hoaxes were seen by only a small fraction of Americans.

À l’ère de la post-vérité, Internet est sommé de dire la vérité

Google est sous le feu des critiques pour des résultats négationnistes.

La «post-vérité» est partout. Élu mot de l’année par le Oxford Dictionary, le concept de «post-vérité» est une des clés de lecture principales pour expliquer deux des événements majeurs de 2016, le Brexit et l’élection de Donald Trump…

L’Internet libre et gratuit, c’est bien fini

Dans Les GAFAM contre l’internet (Ina éditions), Nikos Smyrnaios analyse la réussite économique de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft à la fois comme la cause et le résultat d’un nouvel ordre capitalistique néolibéral, qui aboutit à annihiler le projet originel d’Internet. Extraits.

Les pratiques d’écrans chez les collégiens – Cairn.info

Les nouvelles technologies (ordinateur, smartphone, tablette et console de jeux…) se sont ajoutées à la télévision et permettent de plus en plus aux adolescents d’être connectés sur Internet qui leur donne accès à divers contenus en tout lieu et quasiment sans interruption. Cette contribution vise à mieux quantifier le temps que les collégiens passent devant les divers types d’écrans et à interroger d’éventuelles associations entre la durée d’exposition et certaines pratiques ou comportements.

S’informer fatigue

La presse écrite est en crise. Elle connaît, en France et ailleurs, une baisse notable de sa diffusion et souffre gravement d’une perte d’identité et de personnalité. Pour quelles raisons, et comment en est-on arrivé là ? Indépendamment de l’influence certaine du contexte économique et de la récession, il faut chercher, nous semble-t-il, les causes profondes de cette crise dans la mutation qu’ont connue, au cours de ces dernières années, quelques-uns des concepts de base du journalisme.

Par Ignacio Ramonet, en… 1993 !

La confiance des Belges dans les Médias

J’ai été interviewé dans le Moustique pour cet article de fond sur la confiance des belges francophones dans les médias (télé, radio, presse écrite, internet…).

J’y commente une étude sur la confiance des belges dans les médias. Cette étude très riche menée par Solidaris s’inspire de celle de LaCroix – KantarTNS (ex-TNS Sofres) en France.

La confiance dans les médias : commentaires de l’enquête Kantar – La Croix 2018

Comment vérifier une image sur le web ? | Université de Paix asbl

« C’est mon argent », journalisme d’optimisation patrimoniale pour les riches

Chaque vendredi, l’émission « C’est mon argent » offre une tribune aux « Échos Patrimoine », alternativement prise en charge par Hélène Dupuy, Marie-Christine Sonkin et Anne-Sophie Vion. Diffusé sur France Info trois fois dans la journée (6h25, 10h53 et 13h54), le programme prétend donner, selon son propre descriptif, « des réponses avisées aux questions d’auditeurs ». Mais pas n’importe quelles réponses. Et pas n’importe quels auditeurs non plus…

Les États-Unis s’apprêtent à tuer la neutralité du Web, et nous sommes tous concernés

Le 22 novembre, le régulateur des télécoms américain publiera son plan pour faire disparaître la neutralité du Net, avant un vote le 14 décembre. La fin d’une ère.

L’annonce officielle n’aura lieu que le 22 novembre, mais un simple teaser a suffi pour embraser tout l’Internet communautaire : la Federal communications commission (FCC), le régulateur américain des télécommunications, s’apprête à publier son plan pour détruire les lois d’Obama garantissant la neutralité du Net, ce qui offrira aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI, retenez bien l’acronyme) la possibilité de créer des « files prioritaires » facturées plus chères aux utilisateurs.

Pourquoi se méfie-t-on des médias ?

63% des sondés, interrogés dans 9 pays différents, estiment que les médias souffrent de biais divers qui dégradent la qualité de leur travail. @Shutterstock

Dans une étude publiée le 1er décembre 2017, deux chercheurs britanniques explorent les raisons d’un sentiment fort dans l’opinion publique.

A qui appartiennent les médias ?

Justin Delépine 06/12/2017

A qui appartient le quatrième pouvoir ?

Les médias, que ce soit de presse écrite, télévisuels ou encore radiophoniques, sont régulièrement accusés d’être à la main de quelques puissants hommes d’affaires. Le fait que plusieurs grands quotidiens nationaux soient détenus par une poignée d’industriels des télécoms, du luxe ou encore de l’armement est souvent mis en avant. Mais les médias ne se réduisent pas aux quelques journaux nationaux. Julia Cagé, économiste à Sciences-Po, s’est lancée dans un travail d’analyse de l’actionnariat des médias pour répondre à la question : « Qui possède les médias ? »

Julia Cagé – Qui possède les médias – Source : https://www.alternatives-economiques.fr/a-appartiennent-medias/00081962

Financement et indépendance de la presse : la fiabilité et le pluralisme sont-ils menacés ?

La recherche sur les journalistes et les lecteurs de CrossCheck suggère un impact positif pour le projet – First Draft News FR

CrossCheck est un projet unique de vérification collaborative de l’information en ligne, lancé le 6 février 2017 par First Draft, un réseau international d’organisations des secteurs médiatique, technologique et académique, avec le soutien du Google News Lab. Pour mieux comprendre les résultats de cette initiative, First Draft a demandé à des chercheurs de réaliser une analyse indépendante du projet. (Téléchargez le rapport ici.) Voici une synthèse de leur travail.

Facebook a versé des millions d’euros à certains grands médias français

Depuis un an, de nouveaux formats journalistiques sont arrivés sur le web : vidéos sous-titrées qui se lancent automatiquement, « Instant Articles », Facebook Live, Reportages 360°.

Facebook l’affirme : signaler les fake news conforte l’internaute dans ses (fausses) croyances – Tech

Facebook tire le bilan de son année de lutte contre les fake news. La plateforme décide notamment d’abandonner le signalement de ces articles mensongers pour leur préférer la mise en avant d’articles liés, qui provoquent moins de partages.

Facebook : « Nous sommes prisonniers de ces plateformes »

Chamath Palihapitiya, ancien vice-président de Facebook, a-t-il mis le doigt là où ça fait mal ? Invité à un débat organisé par l’université américaine de Stanford en novembre 2017, il a sèchement critiqué le réseau social à 2 milliards d’inscrits et s’inquiète désormais de ses effets néfastes sur nos sociétés. Facebook, dangereux ? Analyse d’Olivier Ertzscheid, chercheur français en sciences de l’information et de la communication.

La (fin de la) neutralité du net

« Il a plus d’amis que moi » ou pourquoi nous envions la vie sociale des autres

Avec Facebook et autres réseaux sociaux, chacun est amené à compter ses amis et à comparer sa popularité à celle des autres. Une pratique qui suscite, à tort, un sentiment de solitude préjudiciable.

Penser-critique.be

Par Sophie Lescrenier

Une boîte à outils pour trier le vrai du faux et résister aux tentatives de manipulation. Ce site, qui recense les publications sur la page Facebook Désinformation = manipulation : ne soyons pas complices, est né de la volonté d’offrir une sélection de ressources destinées à servir les membres du monde éducatif désireux d’aider les jeunes à aiguiser leur esprit critique et se protéger de la désinformation. La curation de contenu s’adresse a priori aux enseignants, animateurs en maison de jeunes, etc., tout en restant suffisamment généraliste pour être ouverte à tous