Education aux médias : mon mémoire

Je me suis spécialisé en Master sur l’étude des médias et leur rapport à la culture. Mon mémoire a analysé le rapport des jeunes à l’information sur Internet et en a tiré quelques enjeux quant à l’éducation aux médias. Si aucun individu à ma connaissance ne peut tout connaitre, nous avons désormais accès à une quantité d’informations immense. Mais aussi à de la désinformation, à des processus d’influence, des idéologies, des risques, etc. Comment déterminer ce qui est fiable ? Peut-on y éduquer ?

Thierry De Smedt, promoteur du mémoire

Thierry De Smedt, promoteur du mémoire

Pour plus de détails, contactez-moi.

Désormais, je propose l’intégralité de mon mémoire à la lecture. Vous pouvez le citer sous cette forme :

LECOMTE, J., DE SMEDT, T. (dir.), L’esprit critique des jeunes par rapport à la recherche de sources fiables sur Internet : quels enjeux pour l’éducation aux médias ?, Louvain-la-Neuve : Université Catholique de Louvain, 2009.

Présentation

« Former les hommes, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu ».

Aristophane

Cet ouvrage, dans le cadre de l’éducation aux médias, a pour but de mettre en lumière et de préciser certains enjeux liés à la recherche de sources fiables par les jeunes sur internet. Par ce biais, il nous met en prise avec le rapport avec les sources d’information en général. L’éducation aux médias est néanmoins loin de ne revêtir que cette simple mission consistant à favoriser un examen avisé des sources ; en effet, d’autres risques, liés notamment à la publicité ou au fichage, sont visés par cette discipline. De plus, la notion de critique de l’information nécessite d’être adaptée en fonction du contexte des développements technologiques, et nuancée par rapport à la tradition historienne dont elle est issue.

Compte tenu de ces conditions et restrictions méthodologiques, ce mémoire se focalise sur cette mission de sensibilisation à la fiabilité des sources sur internet, de manière à déterminer très précisément ses enjeux spécifiques. Il mobilise par ailleurs le vaste concept d’esprit critique, réduit à l’activité de retour réflexif (ou métacognition) par rapport à la tâche de recherche d’information fiable.

La notion de métacognition implique une mise en situation permettant de susciter une activité critique. Pour ce faire, nous avons eu recours au test d’une pédagogie qui prend pour parti d’étudier le phénomène en partant de l’activité du jeune. Cette dernière consiste à faire discuter et débattre des élèves entre eux à propos de sources qu’ils ont préalablement sélectionnées. La performance des élèves avant et après discussion est chiffrée selon une méthodologie expérimentale rigoureusement décrite.

Bien que cette expérience pédagogique n’ait pas été concluante en soi, elle ne manque pas de révéler de nombreuses informations quant au rapport entre les jeunes et internet. La faiblesse globale de leurs résultats est assez frappante, et légitime pleinement le projet d’éducation critique aux médias. De plus, mis en relation avec les nombreuses études contemporaines concernant les usages et représentations des jeunes en ce qui concerne internet, les résultats permettent d’envisager de nombreux prolongements et pistes possibles pour l’avenir.

L’esprit critique des jeunes par rapport à la recherche de sources fiables sur Internet : quels enjeux pour l’éducation aux médias ?

> Télécharger le mémoire complet (sans annexe)download

Depuis cet ouvrage, voir notamment :

Des références en éducation aux médias

Enjeux épistémologiques et éthiques des médias et de l’éducation aux médias

Dossier : les apprentis sorciers de l’éducation aux médias

7 Comments

  1. Suite à la réception d’un mail d’une étudiante, je retranscris ici quelques mots issus de nos échanges relatifs à mon mémoire, en guise de synthèse à usage du grand public.

    Mon mémoire se situe dans le contexte de l’éducation [critique] aux médias. C’est une sorte de discipline à plusieurs facettes qui s’alimente de la critique historique (authenticité, réputation de l’auteur…), de la philosophie (question des idéologies sous-jacentes, des mutations liées aux nouvelles technologies, ainsi que du traitement logique des données…) et des sciences sociales (usages des médias, pratiques, relations entre utilisateurs et avec le média…).

    Je me suis focalisé sur le pan « critique des sources ».

    L’éducation aux médias a en outre pour particularité qu’elle s’inspire fort des sources (psycho-socio-)pédagogiques. Mon mémoire comporte donc une approche « de terrain », avec des jeunes. (Depuis, j’ai par ailleurs eu la chance de mettre en place des séquences pédagogiques concernant les questions à se poser face à Wikipédia ou Google).

    Concrètement, après définition de l’esprit critique comme une situation réflexive (ici, en l’occurrence, par rapport à une tâche de recherche : préparation d’une activité, jugement et contrôle de cette activité, retour réflexif sur cette activité), j’ai établi un jury d' »experts » afin de juger de la fiabilité des sources qui allaient être retenues (selon une échelle « pas du tout fiable » à « très fiable ») : une documentaliste, un philosophe, un sociologue et un prof de secondaire. Le sujet de recherche : Foucault, Surveiller et Punir.

    Pourquoi un jury d’experts et une échelle plutôt qu’une grille établie ? Parce que j’en ai profité pour dénoncer la prétention à l’Objectivité, à la Réputation de l’Auteur, la Neutralité (avec des majuscules)… que les médias ne manquent pas de remettre sérieusement en question. Mon jury d’experts l’a démontré : certains sites recevaient jusqu’à 5 points (sur 8) d’écart dans les notes. Une moyenne m’a permis une évaluation « intersubjective » plutôt qu’objectiviste, tronquée par ma subjectivité ou des grilles formatées et désuètes par rapport à leur objet.
    C’est l’un des apports critiques de mon mémoire.

    Au niveau expérimental, les élèves ont du sélectionner chacun 5 sites, puis les discuter par groupes de 4, et enfin en sélectionner de nouveau 5 par groupes.

    Hypothèse : la discussion groupale va leur permettre d’améliorer leurs résultats, car ils sont explicitement mis en situation de retour réflexif sur la fiabilité de leurs sources, en situation de questionnement, au fond.

    Résultats :
    – Résultats faibles : 3 points sur 8 en moyenne, avant ou après discussion groupale
    – Pas d’amélioration (hypothèse réfutée)

    => Conclusions :
    – Le dispositif pédagogique « discussion de groupe » n’est pas bon EN SOI
    – Les jeunes n’interrogent pas spontanément la fiabilité d’une source, ne se posent pas de questions par rapport aux sources. C’étaient des 5e secondaire. En réalité, même s’ils le font, ils ne savent pas comment : ils n’en ont pas les outils (une simple grille de type « qui dit quoi et pourquoi ? » a aidé les jeunes auprès de qui j’ai fait une seconde expérience à conscientiser et ils ont retiré une majorité de sources pertinentes et fiables lors d’une activité similaire)
    – Internet est un bon indicateur des enjeux des médias (en termes de critique des sources, mais pas seulement), ainsi que, plus largement, de la société.

    Hypothèses de prolongements :
    – A l’école (secondaire), on fait davantage de l’éducation « par » les médias, qu’ « aux » médias : on « forme » à l’usage technique (formation souvent redondante vu que le jeune apprend majoritairement par lui-même et par ses pairs) et non à l’usage critique… Par ailleurs, comment partir des usages informels pour imaginer un cursus ? (Je pense en ce qui me concerne à des questions du genre : « Comment tel site a-t-il été produit, quelles sources ont été consultées… ? » Par exemple, peu d’élèves que j’ai eus ont remarqué que les articles de Wikipédia renvoyaient à d’autres sources… Parfois extrêmement fiables !)
    – De nouvelles définitions ou du moins un consensus autour de définitions existantes pourraient être utiles à l’éducation aux médias (autour de l’esprit critique, par exemple. Concrètement, ça veut dire quoi, par rapport aux médias ?). De même qu’un questionnement sur les pédagogies (versus un modèle transmissif du « savant » vers le « réceptacle » ; « l’élève est un feu qu’on attise »)…

  2. Bonjour,

    Je réalise actuellement un mémoire sur l’éducation aux médias. Je suis en train d’établir un corpus de textes à analyser et interpréter.

    Serait-il possible d’avoir quelques éléments de la bibliographie dee votre mémoire ?

    En vous remerciant cordialement, A.R.

  3. Merci beaucoup.

    Mon travail est une analyse de corpus de textes (que je suis en train de définir), textes éducatifs, officiels et/ou politiques, où apparait l’expression « éducation aux médias », afin de les interpréter…

  4. Désolé, je réponds très brièvement mais j’ai effacé ma réponse à deux reprises suite à une fausse manipulation.

    Si vous me dites plus spécifiquement l’objet de votre mémoire, je pourrai peut-être vous aider. Quoi qu’il en soit, voici quelques noms qui m’ont aiguillé (éventuellement vers d’autres sources) :

    – PIETTE, J.

    – DE SMEDT, T.

    – ROMAINVILLE, M. (pan pédagogies)

    – MEDIAPPRO (collectif) (pan « usages » des technologies)

    – BOISVERT, J.

    Leurs ouvrages (thèmes : esprit critique et/ou éducation et/ou éducation au média spécifiquement) ou articles contiennent eux-mêmes des références très intéressantes.

  5. De rien…

    Quant à vous aider davantage, malheureusement… C’est très délicat. En fait, les ouvrages qui parlent explicitement d’éducation au média sont à la fois beaucoup (trop à mon avis pour constituer un corpus exhaustif pour un mémoire), et peu (par rapport au nombre d’ouvrages qui parlent implicitement d’éducation au média, ou de domaines proches et qui enrichissent le domaine)… C’est peut-être là l’enjeu d’un mémoire tel que le vôtre : savoir au fond quel est l’usage d’un tel terme, qui court le risque d’être trop, trop peu ou trop mal utilisé (confondu avec l’éducation « par les médias », aux simples technologies, etc.)…
    C’est donc un exercice très difficile, à mon sens, auquel vous vous livrez. Je pense à une recherche dans Google Books, Electre (payant, mais ce service ne fait pas que des recherches dans les titres), Decitre… et évidemment les catalogues de bibliothèques universitaires… A mon avis, ça vous fournira déjà de nombreux ouvrages à lire.

    Voici des références plus spécifiques issues de la Communauté française de Belgique, et ensuite du Canada et de la France :

    CEM (Conseil de l’éducation aux médias), Rapport du CEM, 1995.

    PIETTE, J., Education aux médias et fonction critique, Paris, L’Harmattan, 1996.
    PIETTE, J., « Le nouvel environnement médiatique des jeunes : quels enjeux pour l’éducation aux médias? » in Agora, Dossier technologies de l’information et de la communication : construction de soi et autonomie, n° 46, 2007.

    – CREM (Centre de ressources en éducation aux médias), L’éducation aux médias, une source de motivation pour les élèves. 
    http://reseau-crem.qc.ca/projet/edumed.pdf

    – PICHETTE, M., L’éducation aux médias dans l’éducation des adultes au Québec, Chicoutimi (Québec), Les classiques des sciences sociales, 2005.
    http://classiques.uqac.ca/contemporains/pichette_michel/education_medias_ed_adultes_qc/education_medias_ed_adultes_qc.pdf

    – DE SMEDT, T., Évaluer l’éducation aux médias. Vers le repérage des effets d’une pédagogie [Document INA], Actes des Premières Rencontres Inter-IUFM, 2000.
    – GONNET, J., Éducation et médias, Paris, PUF (Coll. « Que sais-je ? »), 1997.
    – SENAT (France) http://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-0461.pdf

    Document officiel du Sénat français : ASSOULINE, D. (au nom de la commission des Affaires culturelles sur l’impact des nouveaux médias sur la jeunesse), Rapport d’information, 2008.
    J’espère avoir pu vous aider.

  6. Félicitations pour la qualité de votre blog.

    J’effectue des recherches sur l éducation des médias. serait-il possible de consulter votre mémoire.

    D’ores et déjà merci de votre réponse.

    Meilleures salutations.

    C.Mabillard

  7. Je vous réponds par e-mail…

    D’ores et déjà merci pour votre commentaire!

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