Résumé de Médias : influence, pouvoir et fiabilité

Medias : influence, pouvoir et fiabilitéEn 2009, j’ai découvert que beaucoup de personnes trouvaient mon site web en posant les questions suivantes à propos des médias : les médias disent-ils la vérité ? Nous manipulent-ils ? Quelle est leur influence ? Peut-on croire les journalistes ? Comment pouvons-nous évaluer l’information ? Ces personnes arrivaient alors sur l’article Médias : censure, influence et pouvoir (les médias nous manipulent-ils ?). Ces questions parmi d’autres m’ont conduit à écrire mon premier ouvrage Médias : influence, pouvoir et fiabilité (2012).

La première partie du livre tâche de répondre à ces questions. Il y est expliqué dans quelle mesure l’information n’est pas toujours fiable, les raisons possibles de ces lacunes et comment les médias et la communication fonctionnent de manière générale.

Le premier chapitre traite de propagande (spécifiquement durant les guerres mondiales) et de communication politique. Il montre que la communication est cruciale pour les politiciens, notamment en regard de leurs dépenses en termes de campagnes électorales (par exemple aux USA, en Belgique ou en France). Ce chapitre introduit également des critères pour évaluer l’information : qui est l’auteur, l’émetteur ? Quelles pourraient être ses intentions ou ses intérêts à communiquer l’un ou l’autre message ? Quelles sont les caractéristiques du contenu ? Après cela, le livre aborde brièvement certaines relations entre les médias et la politique (avec des illustrations en Europe avec les cas de S. Berlusconi, N. Sarkozy, mais aussi ailleurs, comme en Chine par exemple).

Le second chapitre explique le fonctionnement de la presse d’information : comment les journalistes sélectionnent les informations et les effets de cette sélection (cf. McCombs, Shaw, 1972) et comment ils formatent le contenu, souvent en vue de développer une certaine audience, un certain (type de) public. Ce chapitre révèle aussi des stéréotypes (raciaux, de genre, ethniques) et des idéologies colportées par les médias, y compris dans des productions qui peuvent sembler insignifiantes (par exemple dans des Comics US, des blockbusters, des clips musicaux, etc.).

Le troisième chapitre traite des liens entre les médias de masse et l’économie. Il décrit notamment le fonctionnement de la publicité et ses impacts sur l’information. Cela amène à considérer des théories critiques et notamment le concept d’« industries culturelles » (Adorno, Horkheimer), d’« aliénation » ou encore d’« habitus » (Bourdieu). L’audience est une cible. En 2004, le patron de TF1 Patrick Le Lay a déclaré que son boulot était de vendre du « temps de cerveau disponible » à Coca-Cola. Les conséquences de cette logique sont nombreuses : spectacularisation, course au scoop limitant la vérification des faits, divertissement, « mise en récit », etc.

En somme, la première partie de l’ouvrage pose la question suivante : « Si l’information peut être si biaisée, que pouvons-nous croire ? A quoi pouvons-nous nous fier » ? Les mensonges seraient-ils un problème si personne n’y croyait ?

La seconde partie du livre analyse les croyances des individus et leurs usages des médias d’information. Une idée majeure développée dans cette partie est que si nous voulons comprendre les médias, nous devons aussi comprendre les relations que nous entretenons avec ces médias (comment nous les consommons, comment nous nous positionnons par rapport à eux, etc.).

Le premier chapitre de cette seconde partie montre que les opinions à l’égard des médias sont parfois paradoxales. Elles ne se basent pas toujours sur des critères rationnels ou logiques (comme c’est le cas de certaines théories du complot). Il semble qu’il y ait une tendance de méfiance déclarée envers les médias, la politique, l’économie, voire « la société » au sens large. Plusieurs personnes abandonnent alors des sources d’information dont ils remettent en cause la fiabilité, parfois au profit de sources encore moins fiables.

Au final, nous observons que ces opinions et attitudes sont la plupart du temps orientées du point de vue social et émotionnel. Lazarsfeld (1944) montre que notre sentiment d’appartenance à un parti ou une communauté influence nos choix politiques. Cohen (2003) montre aussi l’impact dominant de l’influence du groupe sur les croyances politiques. Autrement dit, les préférences sociales et affectives ont parfois un impact plus grand sur les choix des individus que les éléments « rationnels » auxquels ils prétendent se rallier. Tout comme les journalistes sélectionnent et formatent l’information, les individus choisissent, interprètent et mémorisent l’information avec leurs propres biais. Pour le dire encore autrement : si les médias construisent les messages à travers leur prisme, les individus construisent également leur interprétation de ceux-ci à travers le leur. Il arrive que les pratiques des individus diffèrent de ce qu’ils en disent. Quand vous demandez à des gens s’ils préfèrent les  « journaux de qualité » ou la téléralité, ils répondent rarement qu’ils préfèrent la téléréalité, alors que statistiquement c’est ce qui est le plus consommé des deux. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’il y a des dimensions psychologiques et sociales qui influencent la manière dont les gens rationalisent leurs comportements.

Le second chapitre de cette seconde partie de l’ouvrage présente la construction des messages des médias. Les pairs (les semblables) jouent un rôle actif dans la façon dont un individu sélectionne, interprète et partage l’information. J’y introduis également des outils afin d’évaluer l’information sur Internet.

La dernière partie du livre est une invitation à continuer à analyser les médias et la façon dont nous percevons l’information en utilisant d’autres grilles de lecture et théories.

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Ci-dessous, la présentation de mon ouvrage par l’éditeur (L’Harmattan, 2012), comprenant la table des matières en intégralité. Découvrez également un résumé en anglais.