Ethique et anthropologie philosophique : liste des articles

Amour et philosophie

Le thème de l’amour se retrouve probablement de manière transversale dans plusieurs de mes articles. Comme je le dis dans Une philosophie de la finitude, si l’on se réfère à une traduction littérale du mot « philo-sophie » (du grec φιλω-σοφια), il est question d’un « amour de la sagesse ». Si cette sagesse est importante en tant que telle, je pense que l’idée d’amour l’est également. Cette notion d’amour est bien présente aux origines de la philosophie.

Continuer la lecture de Amour et philosophie

Guerre(s) et philosophie

La guerre est l’un des thèmes qui me préoccupe le plus. Comme pour l’amour, il m’est difficile d’écrire à ce sujet.

Se positionner directement a priori contre les guerres est délicat par rapport à ces individus qui n’ont d’autre choix que de se battre ou de mourir ou voir leurs proches torturés ou décimés ; ceux qui n’ont d’autre choix que de résister, lutter pour survivre contre un arbitraire inique.

[Bob Dylan – Blowin’ in the wind > Voir aussi Masters of War]

Continuer la lecture de Guerre(s) et philosophie

Penser la mort, l’absurde et le sens

Je redégaine le je « philosophe », peut-être un peu délaissé sur ce blog ces derniers temps.

David - La mort de Socrate (1787)
David – La mort de Socrate (1787)

C’est l’occasion aussi de m’éloigner quelque peu du style académique de mes dernières publications, relatives aux médias principalement, et de proposer quelque chose d’éventuellement plus interactif, sachant qu’il s’agit plutôt de questions que je me pose, et non d’une réflexion aboutie ou de théories scientifiques…

Cette réflexion concerne la place attribuée à la réflexion sur la mort dans « notre » quotidien (NB : réserves à parler en termes génériques de « notre société »).

Continuer la lecture de Penser la mort, l’absurde et le sens

Quand Michelle Martin revisite la « banalité du mal »

Cet article fait suite à ce témoignage relayé par La Libre : selon « un cousin » interviewé par Paris Match (nous faisons ici abstraction de la question de la fiabilité de la source présentée de la sorte), Michelle Martin « ne se sentait pas coupable » de ses actes :

« Au contraire, cette Michelle de l’après 1996 m’a semblé déterminée dans l’organisation méthodique de sa défense. Laquelle consistait à répéter à l’envi qu’elle n’était en rien responsable de toutes les horreurs qui avaient eu lieu (…) Elle ne se sentait pas coupable ».

(La Libre, le 09/08/2012).

Je n’ai pu résister au lien manifeste entre cette déclaration et l’analyse que fait Hannah Arendt à propos d’Adolf Eichmann (cf. Eichmann in Jerusalem (en) sur Wikipedia, la « banalité du mal » dans le lexique ou encore mon article sur les questions de la finitude humaine).

dutroux-hitler-martin-eichmann
Marc Dutroux, Adolf Hitler, Michelle Martin et Adolf Eichmann.

Continuer la lecture de Quand Michelle Martin revisite la « banalité du mal »

Introduction générale : une philosophie de la « finitude »

 « L’homme, c’est la joie du oui dans la tristesse du fini » (Paul Ricœur)
« L’homme, c’est la joie du oui dans la tristesse du fini » (Paul Ricœur)

Continuer la lecture de Introduction générale : une philosophie de la « finitude »

Etat des lieux de la finitude humaine

1. L’intersection d’un ensemble de pensées ?

Nous avons déjà abordé le concept de « finitude » humaine en guise d’introduction générale aux articles relatifs à l’épistémologie et à l’éthique. Il s’agit d’une remise en cause fondamentale de l’humain, tant dans sa faculté de connaître (sciences, raison), que dans sa faculté d’agir librement et de faire le bien. Une remise en cause globale du concept de progrès accompagne souvent cette réflexion. Nous nous attardons ici sur la dimension morale de ce questionnement.

Jean-Louis Theodore Gericault - Le radeau de La Meduse (1818-19)
Jean-Louis Theodore Gericault – Le radeau de La Meduse (1818-19)

Continuer la lecture de Etat des lieux de la finitude humaine

Hans Jonas – Le principe responsabilité

Explication synthétique de JONAS, H., Le principe responsabilité, 1979.

Également basé sur DEPRE, O., Philosophie morale (2ème édition), Louvain-la-Neuve : Academia-Bruylant, 2000.

Hans Jonas
Hans Jonas

Hans Jonas est un philosophe allemand du XXe siècle. Comme H. Arendt et E. Levinas, entre autres, il a suivi les enseignements d’Husserl et d’Heidegger. Il est principalement connu pour son éthique dite « du futur », de la responsabilité.

Voici dans quel contexte son éthique émerge. En tant que philosophe allemand et juif du XXe siècle, et en tant qu’élève d’Heidegger, sa philosophie est traversée par la question de la mort, par les massacres de la Seconde Guerre mondiale, par la « finitude humaine ». Ce concept n’est pas nécessairement formulé comme tel, mais on le retrouve particulièrement exploité par les philosophes de cette époque. On explore en quelque sorte les limites de l’humanité, dans tous les domaines de la philosophie :  en fonction de sa finitude temporelle (la mort), de sa capacité à « progresser » ou non (d’un point de vue historique, notamment), de son « indétermination » éthique (à être « bon » ou « mauvais »)…

Continuer la lecture de Hans Jonas – Le principe responsabilité

L’attention, une piste d’engagement en éthique

Diverses réflexions de la catégorie éthique et anthropologie philosophique nous montrent à quel point l’absence de réflexion – morale – peut être dangereuse. N’importe quel homme sain d’esprit peut commettre des actes monstrueux, s’il ne prend pas la peine d’exercer son jugement moral, sa responsabilité, et/ou s’il en est incapable à cause d’un contexte difficile. L’être humain est confronté à l’absurdité, à l’inhumanité, la finitude.

Le triomphe de la mort (P. Bruegel l'Ancien, 1562)
Le triomphe de la mort (P. Bruegel l’Ancien, 1562)

Continuer la lecture de L’attention, une piste d’engagement en éthique

L’homme (psychologie sociale)

L’humain selon le prisme d’expériences en psychologie sociale

Les philosophes ne sont pas les seuls à avoir alimenté la réflexion sur des causes possibles de la cruauté. La psychologie sociale, notamment les célèbres tests expérimentaux de Stanley Milgram et de Solomon Asch ont eux aussi apporté des éléments intéressants à considérer.

1. Stanley Milgram : l’obéissance à l’autorité et l’état agentique[1]

Le test de Milgram. Vidéo reconstituée.

Continuer la lecture de L’homme (psychologie sociale)